Le classement atteint le quatrième rang avec Porter Martone. À ce stade, la conversation change : il ne s’agit plus seulement de projeter un excellent prospect, mais de mesurer ce qu’un premier contact avec la NHL vient déjà de confirmer.
Il y a un an, Porter Martone était facile à décrire : grand ailier, très intelligent, dangereux avec la rondelle et capable de créer autant qu’il pouvait finir. La seule vraie inconnue concernait la vitesse à laquelle ce jeu allait suivre lorsque l’espace disparaîtrait.
Après 50 points en 35 matchs à Michigan State, puis 10 points en 9 matchs de saison régulière avec Philadelphie et 5 autres en 10 matchs de séries, cette inconnue n’a pas complètement disparu. Mais elle pèse déjà beaucoup moins lourd.
Le talent, le gabarit et les lectures étaient évidents. Le patinage restait la principale variable de traduction.
Neuf matchs ont suffi pour montrer que ses principaux mécanismes offensifs pouvaient déjà survivre au niveau supérieur.
Son gabarit attire l’œil. Son intelligence crée l’avantage.
À 191 cm et 97 kg, Martone possède évidemment une dimension physique rare chez un attaquant aussi créatif. Il peut absorber le contact, maintenir une possession et rester à l’intérieur d’une séquence même lorsque l’espace disparaît.
Mais le réduire à un ailier de puissance manquerait l’essentiel. Son IQ hockey de 93 organise tout le reste : il repère les rotations, anticipe les ouvertures et sait quand ralentir une possession plutôt que de la forcer.
Son corps lui donne du temps. Sa lecture lui dit quoi en faire.

Deux menaces dans la même possession
Avec 92 en création offensive, Martone n’est pas seulement un finisseur autour du filet. Il peut attirer la pression, protéger la rondelle et distribuer vers l’intérieur. Son tir oblige en même temps le défenseur à respecter la possibilité qu’il termine lui-même la séquence.
Cette double menace est essentielle pour un joueur qui ne crée pas systématiquement sa séparation avec ses jambes. Martone peut fabriquer de l’espace pendant la possession plutôt que de devoir le gagner avant.
Le 80 en patinage est la partie qu’il ne faut pas cacher
Son accélération et sa vitesse pure demeurent les outils les moins avancés du dossier. Martone ne possède pas la séparation naturelle des attaquants les plus explosifs de la ligue.
Ce qui rend sa projection aussi intéressante, c’est qu’il a déjà montré plusieurs moyens de compenser : anticipation, contrôle du rythme, protection de rondelle et jeu intérieur. Le patin ne l’a pas empêché de passer de l’OHL à la NCAA, puis d’obtenir rapidement un rôle avec les Flyers.
La question devient donc presque plus excitante : si l’explosivité progresse encore, jusqu’où peut monter un joueur qui possède déjà tout le reste?

Los Angeles et Philadelphie l’ont choisi exactement au même endroit
Les Kings de Los Angeles de Michel Godin ont sélectionné Martone au 6e rang au total en 2025. Philadelphie a fait exactement le même choix dans la NHL.
Depuis, le choix est devenu beaucoup moins abstrait. Martone a traversé trois niveaux en peu de temps et ses principaux outils ont continué à produire de la valeur.
Neuf matchs, dix points… sans tomber dans le piège
Dix points en neuf matchs NHL à 19 ans attirent forcément l’attention. Il serait toutefois dangereux d’en faire immédiatement une nouvelle norme statistique.
La vraie information est ailleurs : ses lectures, sa protection de rondelle et sa capacité à créer n’ont pas disparu contre des joueurs NHL. Puis les Flyers l’ont gardé dans l’alignement pour dix matchs éliminatoires, où il a ajouté cinq points et généré 23 tirs.
Ailier droit de premier trio, utilisé sur l’avantage numérique et dans les situations offensives importantes. Avec un risque faible et une probabilité NHL de 92, l’incertitude porte davantage sur l’atteinte du plafond de vedette que sur sa capacité à devenir un joueur NHL significatif.
Matthew Tkachuk est le plafond, pas la promesse
Tkachuk illustre le mélange recherché entre création, possession, présence intérieure et influence physique. Batherson représente mieux le scénario central : un grand ailier offensif capable de produire avec patience sans dépendre d’une vitesse de séparation dominante. Même le plancher de type Crouse conserverait une vraie valeur dans un top-6.

Le pari de Michel Godin est déjà beaucoup moins abstrait
Martone n’a pas encore répondu à toutes les questions. Son patinage déterminera probablement jusqu’où son plafond peut réellement monter.
Mais après une saison NCAA dominante, une arrivée immédiate dans la NHL et une première expérience en séries, Los Angeles possède aujourd’hui beaucoup plus qu’un excellent projet.
Le quatrième joueur de notre classement commence déjà à ressembler à un futur élément majeur d’un premier trio.